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Démarche

Rédigé par jean-louis bec

 

Ci-dessous se trouve le texte d'introduction qui présente les démarches suivies dans deux blogs complémentaires: Natures cachées et Images prises aux mots. Globalement, Natures cachées traite de la Nature, Images prises aux mots s'intéresse au milieu urbain.

 

Natures cachées est, dans un premier temps, une lecture sensible et intimiste de la Nature qui s'appuie sur une volonté de révéler ou d'imaginer les forces et les langages sous-jacents présents entre l'eau, les roches, l'air, la lumière, les paysages; langage aussi présent chez et entre les plantes et les animaux.

Cette démarche permet, en particulier, de s'intéresser aux ressemblances et aux correspondances présentes entre leurs structures et leurs formes en mettant en évidence leurs particularités, leurs similitudes ou leurs complémentarités; ceci pour rendre compte réellement ou symboliquement, métaphoriquement, de l'unité de la Nature. Cette approche s'inspire de toute discipline générant des représentations attentives et positives de la Nature, que celles-ci reposent sur des connaissances intuitives, mystiques, spirituelles (animisme, chamanisme, panthéisme, éléments de psychanalyse) ou sur des connaissances rationnelles, analytiques ou systémiques (sciences de la vie et de la matière, étude des systèmes complexes). 

Par complémentarité et effet symétrique certaines séries posent le problème de notre perception. Que voyons-nous exactement, quelle interprétation nos sens, notre mémoire, nos connaissances, nous donnent-ils du monde, de ses formes, de ses relations et de ses messages? 

http://jlb-naturescachees.over-blog.com/

Cette démarche se décline en plusieurs groupes de séries dont l'ensemble construit une "suite logique" pouvant être perçue comme une représentation originale et particulière du monde et de son évolution.

- un premier groupe de séries est axé sur la connaissance et la description des matières et des structures... Elles sont décrites avec parfois le souci de rendre compte de leur pouvoir d'adopter des formes et des structures qui rappellent et préfigurent, dans un mélange léger d'imagination et d'évolution mélangées, l'apparition d'êtres et de phénomènes plus complexes. Ainsi l'eau adopte-t-elle des structures qui sont parfois proches de celles présentes chez certains animaux, peaux, tissus cellulaires, carapaces... Des cicatrices à la surface de feuilles ressemblent parfois à des créatures indépendantes, des paysages. Séries Frissons, A fleur de peau.

- un deuxième ensemble parle symboliquement des liens que bâtissent entre eux les matières, les êtres vivants pour construire, imaginer, des entités plus complexes. Ceci toujours dans un esprit qui rend compte de leur faculté d'adaptation, de création, de cette volonté de jouer avec les formes et les structures. Deux séries tentent de représenter les liens qui unissent les éléments de la forêt, arbres, sol, air, lumière... (séries Chorus et Cantique quantique). D'autres s'intéressent à la ressemblance et à l'association des matières qui inventent les paysages, les arbres... Ainsi une série met en avant la fabrique des paysages, la construction des échelles et des perspectives (série Le dialogue des éléments). Une autre révèle l'apparition de l'arbre à partir de buissons emmêlés (série La générosité du désordre). Une autre associe l'arbre et le vent (série Souffle).

- un troisième ensemble de séries s'attache à mettre en avant une vision animiste de la matière comme dans le premier mais avec des effets d'insistance, des apparitions de formes reconnaissables, animales et humaines. Ainsi les arbres présentent-ils des profils d'animaux, d'humains (série L'appel de la forêt), des rochers évoquent-ils des divinités anciennes (série Profils océaniques). Toujours des matières donc, mais les formes se précisent et adoptent des traits qui animalisent, humanisent et spiritualisent la matière, végétale, minérale. Une série recherche la présence d'êtres mythiques au sein de la forêt (série La profondeur des forêts). 

- un quatrième ensemble aborde l'apparition symbolique et la nature de l'animal. Ainsi, toujours en jouant sur la  mise en avant des matières et des structures, se crée une dérive qui, partant de la robe des chevaux, du poil, du crin, aboutit à leurs traits, leurs expressions, tout en passant par la présence et la découverte du corps (série Equus, l'esprit de corps). On y rencontre aussi des cochons remettant en question leur forme porcine pour adopter des profils parfois étranges évoquant d'autres animaux (série Copains comme cochon). Le chat y développe un ensemble d'attitudes traduisant ses émotions (série Sept vies et quelques unes). Le poisson est là pour nous permettre de maintenir en mémoire et d'interroger notre parcours évolutif (série La chair vive de l'eau).

 

Dans un deuxième temps, la démarche Natures cachées s'intéresse à l'intimité des contacts qu'établit l'Homme, et en particulier le citadin, avec la Nature au cours de leurs rencontres. Ainsi:

- un cinquième groupe de séries traite de la rencontre attentive, sensible et spirituelle de l'Homme et de la Nature. Il rend compte d'une vision panthéiste centrée sur le contact, le partage, la recherche du dialogue et de l'harmonie. Une série décrit l'approche, le contact puis la fusion totale de l'Homme et de la Nature, ceci au cours d'un voyage qui l'emporte jusqu'à l'immersion et la dispersion dans l'univers secret et sacré de celle-ci (série La fermeture du cercle). Une autre insiste sur cette notion de parcours au cours duquel s'établit la rencontre entre le féminin et la Nature, la création de correspondances entre les deux, l'évocation des mythes ancestraux, celles des contes de l'enfance et de la sensibilité de l'adulte (série Dans le regard des sylves).

- un sixième groupe s'est construit autour du contact avec la Nature. Nous ne sommes plus ici dans la recherche de la fusion avec la Nature telle qu'elle est présentée précédemment mais dans la redécouverte, dans l'objectif de rechercher des sensations premières un peu oubliées de nos  jours et de se replonger dans un bain de Nature synonyme d'essentiel. Ainsi la rencontre avec une Nature nocturne le long d'une route permet-elle de se ressourcer (série Un jour la nuit). La recherche du contact permet, en profondeur, un retour sur soi qui s'avère parfois nécessaire. Réflexions et récits personnels se trouvent ainsi revisités à travers le filtre de la sérénité ou non que porte en soi le contact avec la Nature; que ce soit lors d'une marche à travers des paysages d'étangs (série L'étendue de tout son long, Ligne directe), le long d'une rivière (série Côté jardin, côté cours), ou bien dans la contemplation de paysages marins (séries Le toujours est pour elle, Horizons embarqués). On regarde, on marche parfois, on respire et on laisse venir cette rêverie aux accents multiples liée au promeneur solitaire.

- un septième groupe aborde le contact qu'établit le citadin avec la Nature. La démarche est proche de celle du groupe précédent. On peut également parler ici de recherche d'infini, de volonté de se soustraire à un environnement urbain parfois oppressant, de se plonger dans un onirisme qu'encourage la solitude mais aussi de retrouver, par le biais du contact avec la mer, les paysages verdoyants, le désir de partager avec autrui des sensations de nouveauté et d'évasion qui créent ou renforcent les liens sociaux. La mer, le sable, le soleil, l'herbe verte sont ici des éléments qui se prêtent surtout aux regards, spectacle vivifiant ou poussant au farniente; Dans tous les cas, la recherche d'une rupture avec le quotidien et ses contraintes. Pas besoin de réel contact physique avec ce monde naturel, le spectacle de la Nature suffit parfois. Saisir les images, les vibrations, la chaleur, les couleurs suffit amplement à définir un ailleurs salutaire. Le bord de mer (série Littoral littéral et série Horizons croisés), la fraîcheur des bois, des lacs et des près en été (séries Qu'importe le titre et série Entre nous dans l'entre deux) se présentent comme indissociables d'un certain retour partiel aux sources et à un certain art de vivre. 

- un huitième groupe se centre sur le contact physique qu'établit le citadin avec la Nature, ses éléments que sont l'eau, le sable, les rochers et la lumière du soleil. Celle-ci n'est plus seulement un spectacle mais la source de sensations, de perceptions qui cheminent par l'ensemble des sens. Au regard se joignent la réactivité et la sensibilité de la peau. Le contact avec les éléments naturels, agrandi par le biais de la surface corporelle, s'internalise, engage le corps tout entier dans la relation.  Et si l'échelle individuelle reste évidemment la base de ses contacts, elle est aussi un départ vers l'établissement de relations avec autrui. Le bain qu'il soit d'eau ou de soleil est aussi bain social. Le fait de le rechercher est une pratique sociale largement reconnue comme telle et appréciée comme telle (série Le soleil est dans le bain).

 

 

Suite à cet ensemble de groupes de séries qui constitue Natures cachées s'est construit un autre axe photographique qui traite de la ville, s'intéresse à ses paysages, à la place de la Nature en milieu urbain. La nature du citadin qui parcourt, traverse et vit dans la ville y est aussi abordée. 

Cette approche urbaine est développée dans le blog Images prises aux mots. Ce nom signifie simplement que l'écrit tient ici une place plus importante que dans Natures cachées. Les photographies sont effectivement majoritairement accompagnées de textes et si les démarches donnent lieu à des séries complémentaires bien ordonnées, ceci n'empêche en rien le développement de récits personnels qui accentuent la vision subjective de l'ensemble. 

http://jeanlouisbec.over-blog.com

La démarche suivie dans ce blog se décline en plusieurs groupes de séries:

- un neuvième groupe de séries s'intéresse à la présence de la Nature dans la ville et en particulier à la recolonisation par la végétation ou autre élément naturel des zones urbaines délaissées. D'anciens quais de gare sont ainsi envahis par une végétation rampante et conquérante mais l'herbe, les arbustes, sont toujours prêts, ici, à recéder aux Hommes les lieux investis, comme s'ils avaient simplement en charge de les conserver en attendant leur retour (série chemin de traverses). Les bords de mer n'échappent pas l'hiver à cette reconquête partielle et temporaire de l'espace par la Nature. Végétation, sable, effets du vent logent là le temps d'une saison morte pour les Hommes (série Océan boulevard).

- un dixième groupe aborde la présence de l'arbre dans la ville. Comment s'y trouve-t-il? Quelle relation établit-il avec son environnement urbain. Est-il agressé en permanence, est-il agressif et destructeur, trouve-t-il une harmonie de paix et d'esthétique? (série Droit de cité) Et s'il doit lutter pour exister, comment s'y prend-il pour adresser aux Hommes un message d'existence, lier sa présence à un ailleurs dont le caractère symbolique et onirique leur serait salutaire? (série La mécanique des arbres).

- un onzième groupe traite de la ville, de ses bâtiments, de ses espaces libres, de ses entassements, de ses hauteurs (série Travers). Du paysage urbain vertical, mais ce groupe traite surtout des évolutions que connaît la ville dans le temps comme dans l'espace. Une série questionne la ville déserte, figée plus qu'endormie, pose la question de la relation construite entre les Hommes et la ville, de la décrépitude de certains de ses quartiers, de l'effet du temps, des destructions à venir (série Le silence traversé). Une autre observe l'apparition avec le temps de petites choses non prévues par les concepteurs et les constructeurs du milieu urbain, de  petites zones de trouble, des détails décalés qui rendent finalement la ville plus humaine, moins programmée: fissures, petites plantes ici où  là, ombres (série L'attente des fissures). Une autre tente de cerner le visage de la ville nocturne. Que devient-elle la nuit, comment se nourrit-elle de sa fausse obscurité, que suggère-t-elle? (série Morphisme).

 

Le citadin est le sujet principal des groupes suivants.                         

 

- un douzième groupe s'intéresse aux personnes présentes dans la rue, leurs attitudes au sein d'un environnement donné, leurs rencontres avec le lieu, leurs échanges. La ville est vivante, habitée. Des personnes la traversent, l'adoptent, la quittent, y vivent et la font vivre. Ils marchent, parlent ou rêvent. Ils sont là et la ville respire à leur rythme, permettant le songe et le retour sur soi (série Venue d'un visage). Certains attendent, s'assoient et, silencieux, se laissent traversés par le climat urbain, son calme ou son agitation (série Pourquoi pas s'assoir). Et puis il y a ceux qui aiment, ceux qui s'aiment, ceux qui ne voient qu'eux deux, qui ne veulent et ne peuvent voir qu'eux deux. Ceux autour desquels tourne et danse la ville, ceux qui, pour tous les autres,  font danser la ville (série Gravitation amoureuse).

- un treizième groupe renvoie la ville à son histoire, à l'Histoire, les citadins à leurs histoires. Monuments historiques et hommes éphémères se rencontrent et vivent au contact. Les uns sont de passage, les autres encore solides sur leurs fondations riches de générations humaines accumulées (série Histoire éphémère, Histoire éternelle). Un dialogue qui conduit à une sorte de fascination réciproque ou bien à l'indifférence. Mais quand ils se redécouvrent, les Hommes, les monuments, ces derniers ayant encore un pied dans le temps de leur jeunesse, c'est bien les êtres disparus qui sont de retour, les ancêtres constructeurs et bâtisseurs des hommes comme des monuments (série Marie visite Antoinette).

- un quatorzième groupe aborde la jeunesse du citadin et les lieux où s'expriment les enfants, où ils peuvent s'exprimer, où on les laisse s'exprimer, souvent dans un cadre surveillé, sécurisé (série Ce qu'il en reste). Il aborde aussi les lieux où se révèle librement ce désir de jeu que possèdent en commun l'enfant et l'adulte. Les fêtes foraines constituent des sites privilégiés où se libèrent, réapparaissent, par le biais de la contemplation ou la recherche de l'action, des désirs enfantins bien présents quel que soit l'âge. (série Les jeux sont faits).

- un quinzième groupe aborde la présence de l'animal dans la ville avec en particulier l'univers carcéral ou semi-carcéral des zoos. Vie surveillée, contrôlée, épaulée par la culture de la nécessité de la survie des espèces, la mise en avant de la notion de liberté perdue comme solution privilégiée pour contrebalancer celle, funeste et définitive, de la disparition. (série Limitation de vitesse).

 

Pour être le plus exhaustif possible avec les thèmes abordés je signalerai deux groupes de séries supplémentaires. 

 

- un seizième groupe qui présente une partie écrite plus longue que les autres. Ce sont des nouvelles écrites en utilisant une ou plusieurs photographies comme point d'appui (série Nouvelles et série Trois fois rien font quatre). La série Contes à rebrousse poil  suit ce modèle pour interpréter librement des situations animales.

- un dix-septième groupe qui parle de voyages, réels ou oniriques, mais dans tous les cas multidimentionnels: Rencontres, paysages naturels, traversées de villes, notes écrites. Les éléments se combinent pour esquisser une réalité intérieure profondément personnelle. Dans cet esprit, une série a pour sujet la rencontre avec la pluie, son univers trouble et mélancolique (série Lente dérive), une autre raconte la traversée des régions bretonnes (série l'ordinaire des légendes), une autre celle des Cévennes à travers la lecture métaphorique des paysages (série Ligne de partage) et enfin une autre celle de l'Ardèche (série Le voyage à pleine gorge).

 

Ces deux groupes sont scindés entre les deux blogs suivant la nature de leurs contenus et de leur esthétique. Les séries où la Nature tient un rôle important se trouvent sur le blog Natures Cachées, celles où l'univers urbain est bien présent se trouve sur le blog Images Prises Aux Mots. 

 

 

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