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La générosité du désordre

30 Novembre 2012 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #La générosité du désordre

La série La générosité du désordre appartient au deuxième groupe de séries. Celui-ci parle symboliquement des liens que bâtissent entre eux les matières, les êtres vivants pour construire, imaginer, des entités plus complexes. Ceci toujours dans un esprit qui rend compte de leur faculté d'adaptation, de création, de cette volonté de jouer avec les formes et les structures. Ainsi, la série La générosité du désordre raconte-t-elle, entre la réalité et la fiction poétique, l'apparition de l'arbre à partir de buissons emmêlés.

Pour avoir une vision complète de la démarche suivie dans ce blog, se référer à la page DEMARCHE dans la colonne de droite.

 

La série La générosité du désordre est publiée intégralement dans l'ouvrage La forêt sur le vif, 21x16cm, 92p, 4 textes, 57 photographies, 15 euros.

La générosité du désordre

 

La générosité du désordre (extraits du texte et de la série photographique)

 

Le commencement, l'amorce.

Se situer à l'amorce.

La rechercher, voir, entendre

se coucher et sentir la Terre

la ressentir, approcher sa richesse

tout ce qui est mis en avant, qui tend les choses...

(...)

(...)

La feuille, la tige.

La tige est une respiration, un discours qui se creuse.

Elle a le mouvement, la grâce, la ténacité.

Elle assemble l'espace, le griffe, le chatouille, le stimule, l'enveloppe.

Elle ronge le temps, le défie à la course

et son allongement amasse peu à peu le futur qu'elle vise

ce déploiement têtu en recherche de tout.

La tige, un concentré, une expansion sans gravité

un défi sans pesanteur qui se multiplie seul d'un désir d'horizon.

Une, deux tiges, puis cette multitude prête qui referme le cercle

où se crée et se berce

où s'invente et se retranche

les particules assemblées, les poussées qui respirent

la lignine savante, les flots de sève excitée.

Les tiges sont cocons, nids, mères attentives.

Elles veillent, couvent les germes placentaires des plantes à venir

des arbres à venir

là où le souffle se faufile, s'anime sans un cri.

Les arbres qui croissent de silence accumulé.

Morceau après morceau.

Bout de bois après bout de bois.

Dans l'entrelacs, les nœuds lâches des fibres emmêlées.

(...)

(...)

Je veux croire en cela.

A cette vigueur aigüe qui anime les forêts

à  ce plein jamais las qui veille sur les êtres

à ce vivant fier et droit qui plonge dans la luxuriance, le renouveau et la continuité.

Je veux croire en cette magie prolifique et sacrée.

Je veux sentir cela au ras de ma peau, de mes yeux, de mes songes.

Me sentir lié, emmêlé, dans le grave des branches et le souple des lianes.

Je veux vivre et y vivre, sans rien penser d'autre qu'à la présence folle de cette poussée vertigineuse qui construit la force et la hauteur.

Être arbre dans un jaillissement

pour le jaillissement et la démesure

des désordres grandioses.

 

Sumène, 01/2015.

Sumène, 01/2015.

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Sedna 02/12/2012 11:27

Je parcours vos différents blogs et même si je m'arrête plus souvent sur le même, j'apprécie ces belles photos, et vos paroles sur la photographie.. Bravo pour ce beau travail.