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5 Janvier 2019 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Ligne directe

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4 Janvier 2019 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Ligne directe

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3 Janvier 2019 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Ligne directe

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3 Janvier 2019 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Ligne directe

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2 Janvier 2019 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Ligne directe

Maguelone (Hérault), 11/2018.

Maguelone (Hérault), 11/2018.

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Ligne directe

 

Etendues sableuses, étangs, lagunes, plages de cailloux, les espaces naviguent côte à côte en houles tranquilles. Fragile cohésion du sable, densité évaporée de l'eau, va et vient langoureux du vent parmi les plantes aux tiges crissantes. La mer, sa puissance tassée dans l'attente solide, son sommeil de surface luisante; la mer au souffle long de fouisseuse, toujours à moitié nue dans le sable et le sel. Les ciels eux s'écoulent lentement et déversent le silence.

Sur une piste étroite le cœur attend l'effort, la respiration vive. Une ligne dure court à mes côtés. Une ligne de fer, barbelés où mes regards s'accrochent, se détachent, reviennent. Une ligne où les pensées se nouent, se serrent, se blessent sans souffrir vraiment, où elles se font peur, de ces peurs de métal aux incisions aussitôt couturées aussitôt ré-ouvertes. Une sorte de sang goutte là en absence de rouge. C'est un tumulte, un bruit où se mêlent les songes de liberté et la peine de vivre, la lourdeur du corps nourri de la Terre et son noyau de fer. Un brouillard de bleu et gris dilués en est le centre, nébuleuse nerveuse secrétant ses barbules, ses révoltes, ses effondrements. Le fer est une continuité qui traverse, transperce, appelle les lignes du dedans, celles de métal et de chair fragile. Il  a la puissance de lier, de tenir, de durcir et de stimuler, d'atteindre parfois aussi la profondeur des blessures qui ne guérissent pas, de se calfeutrer dans les douleurs dormantes.

(...)

 

Courir permet de rattraper au vol quelques instants sereins plus  palpitants que d'autres. Le fil peut être chaud quand on ne cherche pas à le battre. Alors laisser avec confiance les barbules égrener les espaces, courir sur la longueur de ce bastingage souple pour que les mondes s'emmêlent, que la terre se disloque en longues vagues vertes, que la mer soit peau vibrante de tambour et les plantes les signatures bourgeonnantes de l'animal. Courir pour tout perdre et rattraper un peu, puiser dans la mémoire à pleines poignées et lancer par-dessus tout le lourd et le léger, choisir, jeter les anneaux mal fermés et les crocs à venin, les plaies qui marchent seules, les mots de silex et tout le tranchant possible.  Garder pour s'en nourrir les nids douillets et les gouttes d'eau tiède, le parfum du soleil et la folie amoureuse quand elle est vraiment folle et lovée sur sa source.

Courir le sable en avant, les grains pendus au temps pour en lécher la moelle et sa vitesse chatouilleuse; pour le vertige des grandes traversées et des choses entrevues, pour les apparitions que le sang propulse devant les yeux, pour mon être profond et tout ce qui ne lui appartient pas. Pour la chevauchée des images étirées, le flou qui se roule à terre, le net vide du ciel. Pour la distorsion des avenirs trop lisses, la recherche du rire et le savoir de la mort. Courir et avaler l'espace d'un instant, le temps gorgé d'espace, la mer liée à sa sœur symétrique, la grande imaginée, la grande ventrue des gestations rêveuses. Courir le long du fer, de borne en borne, dans le rejet des clous qui nous pointent au sol, dans le fluide des forces qui aiment et se nouent. Pour moi et tous ceux que j'aime, pour la Terre et la vivacité de la mer, pour tous les autres et toutes les créatures. Le long d'un barbelé parallèle à la mer, le voyage ne fait que commencer.

 

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