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Lignes de partage

7 Avril 2020 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Lignes de partage

Lozère, 2013.

Lozère, 2013.

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Lignes de partage

7 Avril 2020 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Lignes de partage

Lozère, 2015.

Lozère, 2015.

Lozère, 2013.

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Lignes de partage

6 Avril 2020 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Lignes de partage

Lozère, 2013.

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Lignes de partage

6 Avril 2020 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Lignes de partage

Lignes de partage
Mont Aigoual, 2016.

Mont Aigoual, 2016.

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Frissons

21 Novembre 2019 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Frissons

La série Frissons appartient au groupe 1. Ce groupe est axé sur la connaissance et la description des matières et des structures: l'eau, les roches, le tissu végétal.... Elles sont décrites avec le souci de rendre compte de leur pouvoir d'adopter des formes qui préfigurent l'apparition d'êtres et de phénomènes plus complexes. Ainsi dans la série Frissons l'eau adopte-t-elle des structures qui sont parfois proches de celles présentes chez certains animaux, peau, tissus cellulaires, carapaces...

Autre série de ce groupe présente sur ce blog: A fleur de peau

Pour avoir plus de détails sur la démarche mise en oeuvre, connaître les liens existant entre les groupes et ceux liant le blog au blog "Images prises aux mots"se reporter à la page DEMARCHE dans la colonne de droite.

 

La série Frissons n'est publiée que partiellement.

 

Frissons

 

Des choses entrevues... La surface ondule calmement, indécise. La surface s’avance, se retire, retire  du regard, manque soudain. Puis s’approche à nouveau, dévoile en avant ces choses disparues. Qui disparaissent encore...

Parfois on ne voit rien. Le regard prend alors la nonchalance d’une surface lisse où rien ne s’imprime, rien ne s’exprime. La mer s’oublie dans un point de vue aveugle. Ses gestes ne reposent que sur  le vide déterminé, le répétitif creux, comme si, sous-jacent, elle se rassemblait autour d’un goût établi pour le rien ou le connu, d’une vaste lassitude devant la variation, le flottement. Elle s’avance, se retire, simplement. Le regard se pose parfois sur une mer morne, ennuyante ; une mer qu’il souhaite morne, ennuyante.

Parfois, tout ceci se condense en une impression fausse. On entrevoit, on voit, on devine sans inventer. Dans le fond comme en surface s’ancre quelque chose d’étrange et d’animal ; ponctué par une sorte de retenue aquatique qui enveloppe la mer toute entière. Ces esquisses de soulèvements échoués, ces élancements toujours effondrés, nous laisse saisir l’expression d’une réserve, un ressenti des éléments marins qui signifient perpétuellement le recul.

Mais on voit, on voit et l’on s’avance. Notre songe, rompu en surface, s’initie et s’immisce sous le visible. Dans chacun de ses élans avortés la mer manifeste le désir aussitôt réprimé de montrer, de révéler, de se montrer. C’est cela. Elle souhaite nous donner à voir, à savoir, fugacement ce qui est là, dessous, dans ses dessous, au cœur d’elle-même, dans ce qui palpite, vibre et respire, ce qui est vie multiple entrelacée, toujours prête à bouger, à se balancer et à danser au rythme aérien de la lune.

 C’est un jeu qui fait rouler sa peau, qui la dévoile et la voile aussitôt. Qui mène le récit d’une histoire jamais terminée. Une histoire toujours roulée, déroulée. Ce ressac, ces petites vagues, ce murmure, cette plainte et ces jaillissements, ces tentatives, c’est sa vie, sa parole, ses actes, ses désirs. C’est ce qu’elle souhaite cacher et nous montrer. Imagination sous-marine déployée comme une algue, esprit flottant conquérant du soleil. La mer invente dans  un souffle, une marée d’eaux mêlées aux vertus amniotiques.  Là, dans un accès de sensibilité, il pleut des formes élaborées. C’est là qu’elle crée, du vivant, des points de commencement et de départ, des germes de plantes et d’animaux. C’est là que nous voyons dans un flottement d’œil cerné de vue liquide, l’apparition d’organes, de peaux, de feuilles et d’écailles. Esquisses d’animaux, matières animales, la mer essaie, tente, gomme et recommence. Apparitions, disparitions, montrer, cacher, oublier, recommencer. Là une peau d’éléphant, une feuille de choux, un profil de tortue étoilé. Là un délire d’œil écumant sa paupière, un sexe aspirant par ses atomes d’iode. Un parcours de mémoire serpente dans le fond, taquine la surface. Ces germes qu’elle détient, ses secrets qui la portent et nous fouettent la vue, c’est tout ce qu’elle est, c’est tout ce qu’elle a fait, ce qu’elle fait encore. Cette peau, ces lèvres c’est tout ce qu’elle est. Cette longueur de matière agitée comme un cil, cette écume qui porte, transporte ces courbes riches de  mouvance, c’est tout ce qu’elle est. L’histoire de la Terre. Une foi dans le merveilleux qui subjugue et nous abandonne, échoués des pieds jusqu’à la tête, façonnés de vertige et de marée, la bave aux lèvres.

 

Toutes les photographies ont été prises à Palavas-Les-Flots en 2006, 2007 et 2019.

Toutes les photographies ont été prises à Palavas-Les-Flots en 2006, 2007 et 2019.

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