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Articles avec #groupe 3: la profondeur des forets tag

La profondeur des forêts

9 Juin 2014 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 3: La profondeur des forêts

La série "La profondeur des forêts" appartient au groupe 3. Ce groupe s'attache, comme le groupe 1, à mettre en avant une vision animiste de la matière, mais avec des effets d'insistance, la recherche d'apparitions de formes reconnaissables, animales et humaines. Toujours des matières donc mais les formes se précisent et adoptent des traits qui animalisent, humanisent et spiritualisent la matière. La série "La profondeur des forêts" recherche ainsi la présence d'être mythiques au sein de la forêt.

Autres séries du groupe 3 présentes sur le blog: L'appel de la forêt, Profils océaniques, Vraisemblances.

 

Pour avoir plus de détails sur la démarche mise en oeuvre, connaître les liens existant entre les groupes et ceux liant le blog au blog "Images prises aux mots"se reporter à la page DEMARCHE dans la colonne de droite.

 

 

La profondeur des forêts

 

Qu’importe la course, le souffle court parmi la bousculade des buissons. Soudain ils parlent et le chemin s’arrête net, les pierres saisissent d’un coup tout le poids possible. Ils parlent et j’écoute, comme la poussière tremble, dans l’illusion rayonnante du mouvement, d’un devenir qui se tend. J’écoute, afin de contempler les colonnes d’accords des arbres, la fibre harmonique des lectures de feuilles. Il y a dans les sons des images qui grimpent de nerf en nerf où chaque coin de cerveau est un havre possible dont chaque arbre prend les racines. Le sol est comme le ciel, une voûte en échos où s’allongent les ondes. Chaque tronc est une force qui parle sans se retourner. Il sont vite là, sous ma peau, dans une buée d’ombre, fait de regards et de gestes rugueux. Je les suis, une sève filant sur les mots de ma langue.

Contre moi, le proche ravive le lointain, un détail révèle l’horizon. Il est des frontières qui n’apparaissent que dans l’invisibilité. L’œil posé à l’extrémité d’une branche interroge, s'interroge, redécouvre le vaste dans le flou de l'arrière plan, hésite face à lui, construit, détruit puis accepte, reconnaît. Comme un monde, la rétine tourne sur son axe, parcourt dans un même élan les régions périphériques de brume, où tout, non seulement semble se créer, semble se fondre, mais ou tout se crée et se fond. Autour du point précis, du point d’appel, se déchaîne l’invisible en création de formes. Autour du point net, autour de ce point sensible et tendu, de ce point de sensibilité à vif c’est au flou d’exister. C’est lui qui parle le mieux, qui raconte, qui fait se dresser les arbres et les pousse à parler. Avec lui, l’œil découvre, redécouvre, met en place des choses point par point. Des profils lui font face, des museaux et des peaux. Des membres et des yeux. La forêt franchit l’iris dans un nuage de créatures où surnage une étrangeté créatrice, sauvage et prompte à se dissimuler. Des ombres courent, des formes s’estompent, des contours naissent sans bouger. Le regard est une proie happée par des visions, l’œil, un œuf où éclosent des forêts mythiques et ancestrales.

J’accompagne dans le brouillard ces êtres à l’esprit fantasque et aux apparitions aléatoires qui tètent les nervures de mes nerfs optiques. Le cerveau appelé s’empare des nuages, des fourrés, de ces brumes mouvantes comme autant de cocons flottants. Les neurones au clavier captent, saisissent en silence des légendes attardées, des lambeaux de mémoire ancienne. Le cerveau est forêt à peine réveillée et je vois, d’un élan échauffé, le déroulement de récits dans un retour de temps, un balancement qui rappelle les cimes et les flux de buissons où s’emmêlent les traits. Vous, les créatures de la forêt, vous dérivez en nombre le long de mes univers, sautant mes vides et mordant la vie à même son histoire... Vos faces inhumaines et vos esprits joueurs soufflent le phrasé mélodique des grandes origines.

Tout est vrai bien sûr. Bien sûr. Le doute, s'il s'est immiscé là, s'est vite effondré face à la révélation. Cet univers d'imaginaire d'où mon imagination est quasiment absente, est bien présent. Il se coule parmi les arbres, surgit de toute chose. Un mouvement, une ébauche de signe et les écorces s’activent, les arbres se connectent, leur sève neuronale s’empare de tous les silences, de toutes les fuites, de tous les bonds. Les êtres sont bien là et le délire flou de leurs corps parle d’une voix sylvestre de ce qui fut, de ce qui est, des légendes libres et de la profondeur des forêts.

 

Cette série de photographies a été réalisée sur film argentique et les prises de vue faites avec une profondeur de champ la plus réduite possible. Ainsi, soit le premier plan est net et l'arrière plan est flou (C'est le cas envisagé dans le texte précédent), soit l'arrière plan est net et le premier plan flou. Les photographies n'ont pas été modifiées numériquement. L’apparition des formes appartient au négatif, au jeu des noirs et des blancs et aux possibilités d’intervenir sur l’exposition des différentes zones du papier photographique au moment du tirage.

Les profils et les faces appartiennent bien à la forêt, sinon ceci n’aurait en fait aucun sens. Il suffit de savoir, de vouloir l'écouter pour en apercevoir les êtres.

 

 

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La profondeur des forêts (1)

19 Mai 2014 , Rédigé par jean-louis bec (photographies et texte) Publié dans #Groupe 3: La profondeur des forêts

La série "La profondeur des forêts" est née d'une constatation. En regardant de plus près un détail de tronc ou de feuille dans une forêt, apparaissait, à la périphérie du regard et dans le flou, tout un ensemble de créatures étranges, des formes animales. Il en était de même quand, regardant au loin, on considérait également l'image floue des objets rapprochés. Le profond des forêts se révélait tout à coup accessible, l'étrange à portée d'yeux. 

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

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La profondeur des forêts (2)

10 Mai 2014 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 3: La profondeur des forêts

Monferrier-sur-Lez, 02/2014.

Monferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

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La profondeur des forêts (3)

10 Mai 2014 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 3: La profondeur des forêts

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

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La profondeur des forêts (4)

10 Mars 2014 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 3: La profondeur des forêts

La série "La profondeur des forêts" est née d'une constatation. En regardant de plus près un détail de tronc ou de feuille dans une forêt, apparaissait, à la périphérie du regard et dans le flou, tout un ensemble de créatures étranges, des formes animales. Il en était de même quand, regardant au loin, on considérait également l'image floue des objets rapprochés. Le profond des forêts se révélait tout à coup accessible, l'étrange à portée d'yeux. 

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

Montferrier-sur-Lez, 02/2014.

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