Sept vies et quelques unes
le saut est dans le corps
rassemblé sur ses gardes
un déclic
la peur s’arme
au fond de son refuge
en bordure de nerf
se penche un sang trop plein
rapide et effilé en griffe
la morsure se perche
équilibre à l'accent pointu de ses dents
trop tôt trop tard
la fuite la lutte jailliront
courses vibrantes
orbes lustrés de tous ses muscles
Sept vies et quelques unes
un lâché de visages
virevolte autour de la tête
lanterne à la magie
agitée de furies
ou de douceurs languides
suivre curieusement alors
les voyages incessants vers la clarté perdue
les récits piquants
des ombres animales
ce noir taillé d'un savoir
de lame terrestre
tout ce qui surprend trompe
se glisse
hors du soyeux et se faufile
ce qui vient et captive
capture et mord
cela
jusqu'aux lisières de l'hypnose lointaine
continent animal de grand flux ascendant
Sept vies et quelques unes
des kystes de pierre
s'arrondissent en prunelles
les yeux plantés aux créneaux
en étranges fenêtres
redemandent l'affut
ses traits soudés d'immobile
son être musclé de sculpture
l'attention la tension
l'aiguisé déguisé du fébrile
tu gis dans le parfait du vivant attentif
corps sombre aux gestes ravalés
grognards de fond de gorge
l'étincelle attendue
animera l'animal
d'une débauche d'arc trop tendu
un lâcher de chaleur joueuse
flèche jusqu'à la cruauté possible
joie libre acharnée
qui saute debout
dans la course huilée de ton sang
sa vivacité puissante
ses méandres élastiques
tous les roulements les torsions
les efforts qui font corps
se lovent se déploient
pour le vent du frôlement
ou l'abrupt de l'atteinte
Sept vies et quelques unes
une masse de patience
fond dans sa lumière lasse
soudain
tranche le présent
l’ennui ne ternit plus la nuit
que piaffe le jour à tirades d’oiseaux
qu'au fond de chaque organe
le jeu s’aiguise de toute liberté
le croc surprendra chaque cri
quand se greffera la griffe
fer de tes métamorphoses
tenaillées par le sombre
le sang parle au sang
mord écoute
tout rouge qui s'égoutte
Sept vies et quelques unes
raison en coin passée au savant noir
verbe abondant d'une fumée pensante
un esprit en est le sujet
des volutes le qualifie
derrière le rideau de l'œil prévoyant
de près de loin
monocle toute clé en main
ricane le noir dans sa voyance
ses pertinences forgées de bouts de monde
toutes les serrures forcées d'un langage chaudron
et de griffures de mots
le savoir d'une langue bien pendue peut vouloir tout dire sans vouloir rien dire
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