Sept vies et quelques unes
cela encore
en nous sans rupture
le ricanement du squelette
le bon vouloir de la tripe
leurs parcours aux bouées d’ironie
nature de notre boue
éponge sans surprise
lime le froid
ce qui tord et fendille
laisse parler tes jungles
accueille crânement
comme si tu pouvais survivre
laisse aller le mystère
porte haut ta mémoire
à la marche féline
cherche trouve
rassemble
les cœurs et le sensible
le prédateur aussi parfois
tous les élans des cellules animales
surtout
pétris d'une main ferme
la substance l'abstrait
le construit cortical
sans jamais délaisser
le secret l'origine
tout ce qui t'a construit animal
Terre d'infinis
La série Terre d'infinis est intégralement publiée sous forme de carnet 25x20cm, 40p, texte d'introduction sous forme de poème de neuf pages, 22 photographies. Edition limitée.
Vous pouvez le commander en me contactant à l'adresse mail jlbec@orange.fr ou par les messageries de FaceBook (compte Jean-Louis Bec) ou d'Instagram (compte @becjeanlouis).
La série Terre d'infinis appartient au sixième groupe. Celui-ci traite des contacts qu'établissent les humains avec la Nature. L'objectif suivi est de retrouver des sensations premières un peu oubliées et de se replonger dans un bain de Nature synonyme d'essentiel. Réflexions et récits personnels se trouvent ainsi revisités à travers le filtre de la sérénité ou non que porte en soi le contact avec la Nature. Dans le cas de cette série, il s'agit d'une marche à travers des paysages irlandais.
Pour avoir plus de détails sur la démarche mise en oeuvre dans ce blog se reporter à la page DEMARCHE dans la colonne de droite.
Terre d'infinis
Extraits du texte et de la série photographique de "Terre d'infinis"
Les photographies ont été réalisées en Irlande (2024).
la mer filait droit sans arrière-pensées
les fuyantes tendues par dessus bord
le trait de côte en vue
elle espérait de loin la rencontre
la fusion écumante des éléments fouettés
les ricochets chaotiques des surfaces luisantes
toute vitesse dans sa visée souhaitait recommencer
repartir sur la trace ancienne du monde
puiser dans le chaudron des grands bouillonnements
le grand appétit de l'eau en appelait au ciel
à ses jetés de trombes et de souffles liquides
naissaient alors des pluies dressées sur leurs ergots
leurs obliques tranchantes de gris et de froideur
leurs mouvements de lames sur la peau aquatique
gifles de pointillés pour s'y arrimer
nage de surface pour en puiser le sel
(...)
Terre d'infinis
(...)
le marcheur allait
la densité du vent embrasait ses pensées
le pas buvait la terre noire
grandes goulées envahies par des songes crochus
à l'aplomb des falaises s'accrochait toute l'histoire des Hommes
leurs paroles portées dans chaque cœur de pierre
la vie demeurée là temps plié en bon ordre
appelait toujours au fond de chaque muret
rappelait le vent et la sueur
la peine et le désir de faire
le fragile et l'obstination souvent insatisfaite
(...)
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