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Articles avec #groupe 4: sept vies et quelques unes tag

Sept vies et quelques unes...

30 Novembre 2014 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 4: Sept vies et quelques unes

La série "Sept vies et quelques unes" appartient au groupe 4. Ce groupe aborde l'apparition et la nature de l'animal. Ainsi, toujours en jouant sur la mise en avant des matières et des structures, se crée une dérive qui partant de la robe des chevaux, du poil, du crin, aboutit à leurs traits, leurs expressions, tout en passant par la présence et la découverte du corps (série Equus, l'esprit de corps). On y rencontre aussi des cochons remettant en question leur forme porcine pour adopter des profils d'autres animaux (série Copains comme cochons). Le chat y développe un ensemble d'attitudes traduisant ses émotions (série Sept vies et quelques unes).

 

Pour avoir plus de détails sur la démarche mise en oeuvre, connaître les liens existant entre les groupes et ceux liant le blog au blog "Images prises aux mots"se reporter à la page DEMARCHE dans la colonne de droite.

 

Sept vies et quelques unes

 

La douceur peut-être... les flux du pelage, la rondeur lisse du crâne, la fragilité suspendue qui pousse son corps en avant. La démarche légère qu'anime un regard bienveillant, une attention confiante, sereine... La douceur fut la première que je rencontrai. Une vibration sensorielle à chaleur de soleil, généreuse et complice, un appel de main quand la main s'ouvre seule, laisse couler ses effleurements et se ressource de calme.

 

La douceur, le sommeil, lové dans ses paupières closes, bercé d'instants allogés. Car il y eut le sommeil aussi, vaste, un jardin comme le ciel, une étendue porteuse de flottements, d'images voyageuses, leurs fibres démêlées, recomposées soudain. Liberté tissée sans entrave de quelques reflets d'oeil. Un nid d'où s'élever.

 

Et aussi le réveil, ses clignements de masque, l'étirement naissant dans un ancrage au sol. Un déroulement de lenteur ferme, une hauteur légère de bout de patte. Le réveil et son abondance de roulements d'orbites, de balancements soyeux. Un clignement, deux, l'appel dans un glissement d'yeux, un espace qui s'ouvre, une page habitée de germes de caresses, l'univers languide et essentiel des algues balancées et leur souffle amoureux. Le réveil et sa puissance, son appétit lumineux, ses blancheurs de nuit à venir.

 

Et puis encore, cet instant où tout se retourne et se pend aux crocs, à la balade des griffes. L'horizon, ligne de mire d'un regard viseur, avec ses craquements sinistres embusqués dans le coeur des forêts, une haleine meurtrière, un saut qui se referme pour se parer de mort, un élan décidé qui foule la pitié, une fusion mortelle au cri très primitif. La nuit, sombre chasseresse et faim au long couteau.

 

Cette noirceur aussi parfois au-delà du pelage, regard sans âge, fièvre d'un grand secret, rythme d'athanor et de langue obscure. Un doigt de pensée, une poussière sacrée, une lumière savante, et tournent les murmures du bien comme du mal, s'arrachent des symboles aux racines profondes. Des ailes et leur magie parlent d'étoiles vives, un soleil se roule dans le noir, et aux multiples portes, frappe un univers qui recommence tout.

 

De loin, de près, je le contemple et le rejoins. L'animal sur son socle mystique coule dans mes veines, chant primitif, sursaut des fibres anciennes. Le cerveau se ferme d'une bulle sauvage, mémoire de sang, de gîte, de grands espaces vibrants. Un pouvoir distille ce présent, se roule sous ma peau, muscle saillant d'un esprit de vivant. Je le sens et le souhaite, l'accueille puis le garde, fibre d'un bonheur primordial. Je suis et le serai encore, cet animal haut dressé par la terre, ce souffle de premier être, cette juste force féline qui fait vivre avec âme sans éviter la mort.

 

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Sept vies et quelques unes (1)

29 Juillet 2013 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 4: Sept vies et quelques unes

Albi, 12/2010.

Albi, 12/2010.

 

perle un reflet le long de la gouttière

une goutte de miel se coule en caresses

la paix dans sa fourrure

lisse

un soir qui s'endort

en montrant patte blanche

 

l'aube sur sur son visage

débobinera tous ses éclats

 

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Sept vies et quelques unes (2)

31 Décembre 2010 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 4: Sept vies et quelques unes

 

je recueille l'amande

de ces douceurs légères

le noir s'est écarté

d'une lenteur sans plis

 

le corps porte en lui une peau où aller

un calme étendu qu'un flottement maintient

une caresse s'ouvre

une autre tend sa main

attachement certain où vivent les images

d'une ronde lumière

à brillance d'un oeil

 

dans un geste ébauché

la plastique sensible

d'un corps déployé

 

Albi, 12/2010.

Albi, 12/2010.

 

il mûrit comme le sable

poudre

innocente la nuit

 

il mûrit comme les ailes

s'ouvrent

portent la fin des gestes

 

il mûrit comme la griffe

laisse

se couvre de fragile

 

il mûrit comme l'oeil calme

luit

et abandonne aussi

 

le sommeil

le sommeil

magnifique soleil des poses lentes

étirées à grands traits

 

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Sept vies et quelques unes (3)

31 Décembre 2010 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 4: Sept vies et quelques unes

Montpellier, 03/2013.

Montpellier, 03/2013.

 

l'eau

de vie arrondit peu à peu ses prunelles

la tête tourne la tête

les yeux cernés aux créneaux

redemandent le rêve

la chaleur d'un murmure d'images

porté seul

en étrange fenêtre

 

une lumière douce improvise

une reposée de blanc

un roulement de paupière

sur un seul et même ton

 

Albi, 12/2010.

Albi, 12/2010.

 

noir taillé d'une douceur

de lame terrestre

comment visiter ton oeil

vibrant aussi sous nos paupières

 

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Sept vies et quelques unes (4)

31 Décembre 2010 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 4: Sept vies et quelques unes

Montpellier, 03/2013.

Montpellier, 03/2013.

 

une masse de patience

fond en lumière lasse

 

un instant chute là

et casse son présent

l'ennui ne ternit plus la nuit

 

que piaffe le jour à tirade d'oiseau

au fond de chaque organe

le jeu s'aiguise de liberté

 

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